La vie à Bamber House c’est bien, c’est même très bien car je m’attache rapidement à l’ambiance qui règne ici, ainsi qu’à ceux qui fréquentent l’auberge. Le temps passe très vite et je ne sens pas le besoin de partir. Je ne pense même pas à l’après : je visite et je découvre les environs d’Auckland, je sors, je rencontre des gens tous les jours. Bref, c’est un enrichissement de tous les instants auquel je commence à être drogué.

Les départs de certains sont les seuls moments qui me font un peu revenir à la réalité. Celui d’un ami chinois en particulier me décidera à bouger. Ian doit trouver un endroit jusqu’à la veille de son départ de Nouvelle-Zélande et il ne peut pas rester à Bamber House. Il nous quitte et s’en va chez un kiwi faire du HelpX.
Il me signale quelques jours plus tard que l’hôte cherche une deuxième personne. Ne sachant toujours pas quoi faire après Bamber House, et l’argent s’en allant assez rapidement quand on vit en auberge, je décide de le rejoindre pour y faire mon premier HelpX. Cela me laissera du temps pour me décider où aller par la suite. Je vais donc faire la connaissance de Robin, mon premier hôte.

Robin

Âgé d’une soixantaine d’années, Robin est d’origine anglaise : ce n’est pas un kiwi de longue date. Il vit avec sa fille et son petit-fils dans l’ancienne ville de Manukau, qui est à présent un quartier du sud d’Auckland. Il loue également deux chambres dans sa maison à des étudiants ou à des jeunes travailleurs. L’histoire de Robin n’est pas facile, sa femme est décédée il y a quelques années et sa fille a eu son premier enfant à 17 ans, avec un indien qui l’a quitté. Elle fréquente à présent quelqu’un d’autre.

Robin est sans emploi, il a perdu son dernier travail il y a quelques années. Il a bien essayé de retourner dans la vie active, mais on le considère à présent comme trop vieux. Il est donc limité financièrement, et c’est pour ça qu’il loue des chambres libres dans sa maison. Robin est asthmatique, et a parfois de gros soucis pour respirer : il ne peut pas faire de travaux qui demandent des efforts en continu, et fait donc appel à des helpers pour les faire à sa place.

Ménage et jardinage sont donc les principales tâches qui attendent les helpers venant chez Robin, mais celle qui m’a accueilli en arrivant était toute autre : l’extension d’un parking.

Avec sa fille (et son nouveau copain qui vient à l’occasion), les deux locataires, et les helpers qui viennent et partent, le parking de Robin se fait petit. L’objectif est de le doubler pour accueillir plus de voitures.
Il faut donc préparer le terrain, enlever les plantes qui le parsèment, élever la surface, puis la mettre à niveau. Mais pas de machine pour amener directement la terre nécessaire sur le terrain, l’entrée est trop étroite. Il va être nécessaire de la déplacer d’une centaine de mètre à la main, ce qui prendra plusieurs jours. Des graviers ajoutés et des poutres en bois installées plus tard, l’extension est enfin terminée, non sans sueur et fatigue. Pour une première expérience c’est réussi.

Ian au travail

Ian au travail sur l’extension à réaliser.

Ian s’en retourne dans son pays, et moi j’y resterai deux semaines avant de partir.

J’ai appris quelques mois plus tard que Robin avait quelques troubles psychiques et qu’il était bipolaire. C’est pourquoi il lui arrivait de crier sur ses helpers et leur « demander » de partir. Apparemment je suis tombé dans une bonne période.

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