Pour ce nouveau HelpX dans le Northland, et plus précisément sur la côte de Tutukaka, je suis accompagné d’un ami d’enfance qui est en Nouvelle-Zélande depuis 5 mois. Le Northland est pour Sullivan la dernière région qu’il visite dans le pays, et pour moi la première (après ma longue arrivée à Auckland).

C’est dans un coin perdu au bord d’une route étroite, Matapouri Road, que nous arrivons. Une grande maison à deux étages nous attend, avec une vue sur l’océan au loin. C’est vraiment un bel endroit pour les deux retraités que sont Harold et Ashley, malgré l’isolement de leur environnement (Il faut 30 minutes pour aller jusqu’à Whangarei, la principale ville de la région).

Harold est fier de son pays et de ses origines kiwis qui remontent à plusieurs générations. Il possède d’ailleurs beaucoup d’objets en rapport avec le pays : pierres de jade, statuettes maori, mais aussi plein de vieux bibelots qu’il garde au fil des ans et qui ont TOUS une histoire particulière. J’insiste. De vieilles assiettes ayant appartenu à sa grand mère aux vieux outils en tout genre, il tient à montrer tout ça aux voyageurs de passage chez lui. Alors on l’écoute Harold, et avec attention, car on voit bien que cela lui fait plaisir de raconter toutes ces histoires.

Harold adore construire des choses : c’est un travailleur dans l’âme. Les alentours de sa maison sont un éternel chantier : tuyaux, tranchées, et autres projets en cours côtoient les beaux parterres et les murets construits précédemment. Et c’est précisément de muret qu’il va être question, car pendant les 15 jours qui vont suivre, on va en manger pas mal.

Le projet d’Harold (et le nôtre, du coup) est de construire un nouveau muret au virage arrondi, et il va falloir partir de zéro. Bien que j’ai déjà un peu d’expérience avec mon précédent HelpX chez Robin et l’extension du parking, celui-ci va se révéler particulièrement ardu, sûrement le plus compliqué de tout ceux que j’ai fait jusqu’à maintenant. Creuser la tranchée, la mettre à niveau (et Dieu sait comment Harold est quelqu’un de très méticuleux sur le niveau), recreuser car ce ne l’est pas suffisamment, créer le béton qui servira de support, l’aplatir et le compacter, et enfin poser les pierres : voilà le programme qui attend les novices que nous sommes. Malheureusement, pas mal de problèmes vont retarder l’achèvement du muret : des fausses mesures aux pierres qui cassent, en passant par un sol décidément jamais à niveau, nous ne pourrons pas terminer complètement le projet lors de notre départ, bien qu’on en ai fait une bonne partie. Harold était en attente de nouvelles pierres qu’il avait commandé, plus solides que les précédentes qui cassaient au moindre coup de marteau.

Heureusement, les morning tea de dix heures et les repas d’Ashley étaient là pour nous redonner des forces (et de la volonté) pour continuer.
Ashley, c’est la femme discrète, mais qui sait donner son avis quand il le faut. Elle aime passer ses après-midi ensoleillés sur son balcon face à l’océan avec ses amies, quand ce n’est pas devant son ordinateur à faire je-ne-sais-trop-quoi.

Le seul problème dans ce beau tableau, c’est qu’Harold et Ashley n’apprécient pas trop leur gendre. Leur fille vit avec lui à Whangarei, et Harold va parfois apporter son aide dans les petits bricolages à faire dans leur maison. Mais selon eux, leur beau-fils ne fait rien et reste dans le salon à regarder la TV, et se permet de critiquer le travail qu’Harold réalise. Cela ne passe pas pour ce dernier, et forcément, les ressentiments arrivent et les langues se délient lorsque le sujet de la famille vient à table.

Malgré cela, Harold et Ashley forment un couple très complice, et continuent malgré leur âge à se provoquer gentiment et à se faire des petites blagues : c’est sans doute là l’expression la plus manifeste de leur amour qui perdure.

Je retiens de ce HelpX un excellent souvenir : magnifique cadre, des hôtes extrêmement gentils (Harold m’a grandement aidé lorsque j’ai eu des soucis avec ma voiture, c’était très rassurant), et des repas très bons (mention spéciale aux desserts d’Ashley). D’autant plus que nous n’étions pas toujours seuls, nous avons pu rencontrer Bekkie l’allemande ainsi que Joey et Sabine, un couple de français. Tous étaient très sympa et on constituait au final une sympatrique petite communauté, tant internationale que trans-générationnelle.

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