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Comme un joyau national, le Parc National Abel Tasman est sans cesse mentionné dans le récit des voyageurs rencontrés. Les Néo-Zélandais de leur côté, en sont fier. A mesure que je me dirigeais vers le sud du pays, me rendre dans ce lieu tant vanté devenait impératif.

A l’origine, Abel Tasman l’explorateur néerlandais

Situé au nord-ouest de l’île de sud à côté de la ville de Nelson, le Parc National Abel Tasman est considéré comme l’un des plus beaux de Nouvelle-Zélande. C’est également un des plus petits avec ses 225.3 km² de surface. Il a été baptisé en l’honneur de l’explorateur néerlandais Abel Tasman, qui fut le premier européen à accoster sur les terres de Nouvelle-Zélande en 1642. Il pensait au début que le pays était un continent, alors qu’il accostait avec son équipage dans la région de la Golden Bay, au nord de l’actuel parc Abel Tasman. Malheureusement, il se heurt aux Maoris qui tuent quatre membres de son équipage.

Trois siècles après, le 18 décembre 1942, le Parc National Abel Tasman est inauguré pour marquer les 300 ans de la découverte du pays par les européens, et il prend donc le nom de l’explorateur néerlandais qui avait accosté dans la région.

Deux possibilités pour découvrir le parc

C’est donc un incontournable à faire. Le parc possède deux randonnées : l’Abel Tasman Coastal Track, qui longe les côtes du parc, et l’Abel Tasman Inland Track, qui traverse le cœur du parc. Cette dernière est beaucoup plus difficile que la randonnée côtière, et demande par conséquent plus de préparation. Ici, c’est la première qui nous intéresse. Mais que ça soit la Coastal Track ou l’Inland Track, il est impossible de faire l’une ou l’autre des randonnées en une seule journée. C’est ce qu’on appelle des Greats Walks, des randonnées qui s’étendent sur plusieurs jours.

Néanmoins, il est possible de s’offrir une escapade le temps de quelques heures, car des bateaux-taxis font régulièrement la navette entre différents points de la randonnée côtière. Plusieurs compagnie existent, et chacune à ses propres aires de débarquement.

C’est donc ce que je vais faire. Partant tôt le matin du HelpX où je suis, je me rends à Kaiteriteri, un des derniers villages accessibles par la route avant d’accéder au parc national. Mon plan est déjà tracé : je débarquerai à Medlands Beach dans la Bark Bay, et je marcherai jusqu’à Anchorage, où le bateau-taxi viendra me chercher en fin d’après-midi.

Abel Tasman : de Medlands Beach à Anchorage

La carte de la Coastal Track. Le parcours que j’ai fait est celui tracé en orange, de la zone Bark Bay (Medlands Beach) jusqu’à Anchorage.

L’ensemble de la randonnée demande trois à cinq jours de marche, mais je n’en ferai qu’une partie, où seulement trois à quatre heures sont nécessaires pour relier le départ et l’arrivée.

Une randonnée d’une journée

Nous voici embarqué sur le bateau-taxi. Après quelques informations concernant l’histoire du parc et sa création, le bateau nous emmène sur la première attraction phare des environs : le Split Apple Rock, au niveau du Tokongawa Point. Cette curiosité de la nature est une roche scindée en deux, et sa forme ressemble à celle d’une pomme. Sûrement sculptée au fil des années par le vent et l’eau et par le fruit du hasard, le Split Apple Rock s’ajoute au paysage déjà éblouissant des côtes qui défilent devant nous.

Split Apple Rock à Abel Tasman National Park

Le bateau effectue ses premiers arrêts. Les touristes n’ont pas tous le même parcours de prévu. Certains ont des enfants, ils ont donc choisi des parcours plus courts, tandis que d’autres se rendent vers les points les plus éloignés afin de marcher pendant plusieurs jours. Pour ma part, je débarque à Medlands Beach. La sensation est très particulière, car je suis le seul à m’arrêter sur ce qui est un petit bout de plage très isolé, avec le léger bruit des vagues pour seule compagnie.

Abel Tasman - WilsonTaxi Boat

Le bateau-taxi qui m’a amené jusqu’ici me laisse seul

Abel Tasman - Medlands Beach

Derrière moi, la mer qui alimente le plan d’eau

C’est parti pour le début de la marche. Le parc offre beaucoup de petits détours pour les amateurs de panorama. Le premier d’entre eux est le South Head, qui me donne un aperçu du chemin que j’ai à parcourir, puisqu’il offre une vue qui s’étend jusqu’à la moitié de mon parcours.

Abel Tasman - South Head

De retour sur le chemin principal, je prends la direction de Sandfly Bay. Un sandfly, c’est un gros moustique, célèbre en Nouvelle-Zélande pour ses morsures qui occasionnent des boutons mettant longtemps à disparaître. C’est un véritable fléau car il en existe en grand nombre et les démangeaisons sont insupportables. Les sandflies vivent généralement près des points d’eau comme les lacs ou la mer, ce qui est très dérangeant quand on veut se dorer la pilule à la plage. Avec un nom pareil, j’avais donc une légère appréhension et je me demandais si je n »allais pas atterrir dans un endroit rempli de ces petites bestioles, avec mon corps en guise de festin.

Heureusement, une fois arrivé au niveau du point de vue surplombant la baie, la question ne se pose même plus. Le paysage nous offre une scène magnifique où la mer et la crique sont séparées par un banc de sable suffisamment grand pour s’y promener. Un passage étroit permet néanmoins à la mer d’alimenter la crique en eau, à marée haute. Une fois descendu sur les lieux via un passage aussi étroit qu’abrupte, pas de sandflies comme je le craignais, mais une plage très agréable. où l’on peut choisir de se baigner soit directement dans la mer, ou dans la crique protégée par le banc de sable.

Sandfly Bay - Abel Tasman

Sandfly Bay WIDE - Abel Tasman

En continuant la route vers le sud, et après être passé sur un pont surplombant l’eau turquoise du parc, j’arrive sur un panorama me mettant face à Frenchman Bay. Cette baie surprend par l’eau de son lagon : elle est d’un bleu clair, presque laiteux, qui contraste avec le bleu de la mer d’à côté. J’ai de la chance, car il n’y a qu’a marée haute que l’on peut apercevoir Frenchman Bay comme tel. A marée basse, l’eau se retire partiellement et le spectacle est moins beau.
Le point de vue est vraiment superbe, alors je décide de m’arrêter ici pour manger et bricoler un peu ma caméra.

Abel Tasman - Frenchman Bay

Après pas mal de temps passé à se remplir le ventre, c’est l’heure de se diriger vers Torrent Bay. Très large, cette zone est aussi une terre privée qui est habitée sur une partie de la bande de sable qui sépare le lagon de la mer. Le parcours de la randonnée se faufile près des habitations, mais il est interdit de s’en éloigner afin de respecter la propriété des résidents.

Abel Tasman - Torrent Bay


Anchorage
, ma destination finale, n’est plus très loin. En effet, il faut à peu près vingt minutes pour traverser Torrent Bay et y arriver. Sauf qu’il n’est possible d’emprunter ce raccourci qu’à marée basse. Si la marée haute avait fait mon bonheur pour admirer Frenchman Bay, elle devient un obstacle maintenant. Il va donc falloir faire un grand détour de près d’une heure vingt et s’enfoncer un peu dans le parc Abel Tasman. Qu’importe, ça sera l’occasion de voir davantage de choses.

Abel Tasman - Anthony sur la Coastal Track

« Je suis très content d’être là ! »

Je me dépêche pour arriver à temps : à force de m’être arrêté pour prendre des photos toutes les cinq minutes, je suis en retard et risque de rater mon bateau-taxi. Arrivé à Anchorage, c’est une plage au sable presque orangé qui accueille les randonneurs. Plusieurs kayaks sont échoués sur la plage : il est possible d’en louer afin de parcourir les rivages d’Abel Tasman sur l’eau. Certaines zones ne sont en effet accessibles que via les eaux, il n’y a pas de chemin pour s’y rendre à pied. Comme moi, ces marins d’un jour attendent leur bateau-taxi afin de retourner sur Kaiteriteri, avec des images plein la tête.

Abel Tasman - Anchorage

La plage d’Anchorage

Kayaks à Anchorage - Abel Tasman

Le bateau-taxi nous permet d’admirer une dernière fois les plages du parc, et l’on se dit que oui, le Abel Tasman National Park est bien un joyaux de la Nouvelle-Zélande. Son sable d’or et l’eau turquoise de ses rivages en fond un des lieux les plus agréable à parcourir le temps de quelques heures, ou de quelques jours.

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