En remontant l’île du sud par la côte Est, nous arrivons à Dunedin, ville chargée d’histoire, qui avoisine la Péninsule d’Otago.

Dunedin, l’écossaise

Si j’ai pour habitude de dire qu’on ne vient pas en Nouvelle-Zélande pour ses villes, mais au contraire pour ses paysages magnifiques, voici l’exception qui confirme la règle : Dunedin est la plus belle ville du pays, et elle le doit en grande partie à son héritage écossais.

S’il y a des traces d’une occupation mâorie avant l’arrivée des Européens, c’est en 1848 que la ville est officiellement fondée, par l’Église Libre d’Écosse (Scotland Free Church) qui cherchait un nouvel endroit pour y installer une colonie écossaise, par intermédiaire de l’Otago Association.
L’objectif était d’y bâtir une « Nouvelle Édimbourg », le nom de la capitale écossaise. Finalement, le nom de Dunedin s’est imposé : c’est la traduction de Édimbourg en écossais (qu’on appelle aussi le gaélique écossais, une branche des langues celtiques). En 1979, pour marquer le lien entre les deux villes, un jumelage est créé avec Édimbourg

Aujourd’hui, l’héritage écossais reste omniprésent dans Dunedin, notamment par le biais de son architecture qui en fait la plus belle ville de Nouvelle-Zélande (à mes yeux). Charles Kettle, le topographe de la ville, voulait créer une Édimbourg du sud « South Édimburg » en s’inspirant de l’architecture victorienne et édouardienne de la capitale écossaise. Symboles de cet héritage, la cathédrale Saint Paul et la Mairie trônent au cœur de la ville.

St. Paul Cathedral - Dunedin

La cathédrale St. Paul (Crédit photo : Mattinbgn)

 

First Church of Otago - Dunedin

Dans un autre style, la First Church of Otago

 

La station de train (Dunedin Railway Station), est sûrement l’édifice le plus célèbre de la ville. Ouverte en 1903 et construite dans un style baroque édouardien, elle s’impose par sa longueur. Dans ses heures de gloire au début du siècle, elle était connectée aux deux autres villes majeures de l’île du sud que sont Christchurch et Invercargill, et pouvait accueillir plus de 100 trains par jour.
Avec la contraction de l’économie de la ville suite à la fin de la ruée vers l’or néo-zélandaise, la fréquentation de la gare à de plus en plus diminuée. Aujourd’hui, c’est essentiellement un lieu touristique qui héberge un restaurant et est le point de départ de la ligne de train touristique qui traverse une partie de l’Otago : le Taeri Gorge Railway.

Dunedin Railway Station

 

A l’instar de Wellington, les plans de Dunedin ont été réalisé à Londres, sans tenir compte des reliefs du terrain. En résulte un record mondial pour la ville : Baldwin Street, la rue la plus pentue au monde. D’une longueur de 350 mètres, elle possède une pente d’une moyenne de 20%, mais une large portion est pentue à 30%, voire à 35% près du sommet.
Contrairement aux autres rues, Baldwin Street est construite en béton (et non en asphalte), pour éviter un écoulement du goudron lors des jours de grande chaleur. Cela permet également un meilleur accrochage des voitures lors des gelées hivernales.

Baldwin Street, Dunedin - Nouvelle-Zélande

Baldwin Street (Crédits photos : Pseudopanax, Mark Oliver Dittrich, Tobias Thierer)

 

Mais Dunedin ce n’est pas seulement un héritage architectural, c’est aussi une ville étudiante de premier ordre dans le pays. L’Université d’Otago, la plus vieille université néo-zélandaise, est construire en 1869. Aujourd’hui, elle accueille plus de 20 000 étudiants chaque année, qui peuvent y étudier le commerce, la médecine, ou encore les sciences.
La vie de la ville est rythmée par les sorties étudiantes dans l’Octogone (The Octagon), la place centrale de la ville imaginée par Charles Knee où se trouvent la plupart des bars et des lieux d’animation. Le nom de la place se justifie par la rue qui l’entoure en formant un octogone.

The Octagon - Dunedin

The Octagon, entouré des bars étudiants

Cette présence de la jeunesse est une aubaine pour Dunedin : après l’abandon de la ville due à la fin de la ruée vers l’or, l’Université d’Otago a su redynamiser la ville et la rendre attractive pour en faire un pôle urbain de premier plan dans l’île du sud.

Et quoi de mieux que la bière pour animer les soirées étudiantes ? Fondée en 1876, Speight’s est la marque de bière locale qui est devenue une partie de l’identité de Dunedin, et la bière de référence des étudiants de l’Université d’Otago. L’entreprise brasse la bière dans la ville, et a longtemps été mise en valeur comme « La bière de l’Homme du Sud » (Southern Man).
Aujourd’hui, la marque fait partie intégrante de l’entreprise australasienne Lion, qui elle même fait parti d’un conglomérat d’entreprise dirigé par Mitsubichi, au Japon. Malgré ça, Speight’s essaye de préserver sa réputation de bière locale en mettant en avant son patrimoine, via des visites guidées de sa brasserie.

Speight's Brewery Tour - Dunedin

Visite de la brasserie de Speight’s

 

La péninsule d’Otago (Otago Peninsula)

A l’Est de Dunedin, la péninsule d’Otago est une bande de terre de 20km de longueur qui est apparue il y a 13 à 10 millions d’années suite à des éruptions volcaniques, dont les résidus forment aujourd’hui une zone très vallonnée, constituée de multitudes de collines.

Otago Peninsula - Portobello Road

La route de la péninsule est sympa

 

A l’extrémité de la Péninsule, à Taiaroa Head, se situe la seule colonie au monde d’albatros royal accessible au plus grand nombre. Le Royal Albatross Centre en limite toutefois l’accès en faisant payer des visites guidées, afin de préserver la tranquillité de l’espèce et soutenir son programme de préservation.

Taiaroa Head abrite également le Fort Taiaroa, édifié à la fin du 19ème siècle dans la peur d’une invasion Russe. A l’époque, de nombreux conflits impliquent l’Empire Britannique et l’Empire Russe, et de nombreuses rumeurs circulent à propos d’une invasion Russe en Nouvelle-Zélande. Afin de prévenir toute invasion, plusieurs zones de défense seront construites sur les côtes néo-zélandaise.

Otago Peninsula - Royal Albatross Centre

On ne voit pas grand-chose, mais les petits points blancs sont des albatros

 

La Péninsule abrite de nombreuses espèces endémiques. En plus de l’albatros royal, il est possible de voir (avec beaucoup de chance), des manchots à œil jaune (yellow-eyed penguin). C’est l’une des espèces les plus rares de la famille des manchots.
Il faut cependant être très patient et discret pour en apercevoir : ils ne sortent généralement qu’au lever ou au coucher du soleil. De nombreuses cabanes sont construites sur les plages de Nouvelle-Zélande, et en particulier sur la péninsule d’Otago, pour les apercevoir en toute discrétion, et surtout, sans risque de les perturber.

Manchot antipode - Nouvelle-Zélande

Manchot antipode, ou manchot à œil jaune (Crédit photo : Appie Verschoor)

 

Otago Peninsula - Sandyfly Bay

Il est possible de voir des manchots à œil jaune sur Sandyfly Bay… avec de la chance

 

Pour ma part, je n’ai pas eu la chance d’en voir, malgré deux heures passées dans une cabane proche de la plage. Mais c’était par contre l’occasion de rencontrer des lions de mer de Nouvelle-Zélande (Phocarctos hookeri pour le nom scientifique) !
Beaucoup plus imposant que l’otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande, les mâles peuvent peser jusqu’à 400kg et mesurer jusqu’à trois mètres de long. Même s’ils apprécient la compagnie, il vaut mieux ne pas s’approcher car leur mâchoire est très puissante.

Lions de mer de Nouvelle-Zélande - Otago Peninsula

 

Il était relativement facile d’en apercevoir sur Sandfly Bay : il y en avait partout ! Certains dormaient si tranquillement qu’on les confondait parfois avec des rochers. D’autres étaient beaucoup plus agités… au point de se battre entre eux (ou s’amuser ? Dur de faire la différence) !

 

Enfin, la péninsule d’Otago possède l’unique château de Nouvelle-Zélande : Lanarch Castle. Il a été construit en tant que résidence familiale en 1871 par William Lanarch, un homme d’ascendance écossaise (né pourtant en Australie) qui était banquier, marchand, et homme politique. La localisation du château a été choisie soigneusement, car elle a une vue excellente sur Dunedin et les côtes de la péninsule d’Otago.
Aujourd’hui, le château appartient à la famille Barker, qui l’utilise en tant que destination touristique : des visites guidées sont organisées et une partie du bâtiment est utilisée en tant qu’hôtel.

Lanarch Castle - Otago Peninsula, Dunedin

Lanarch Castle (Crédit photo : Christoph Strässler)

 

Il ne faut guère plus d’une journée pour visiter la péninsule d’Otago, mais ses paysages et la variété de sa faune en font un endroit qu’il serait dommage de rater.

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